La pasteure

Entretien avec Aurélia, notre nouvelle pasteure arrivée en 2024 dans notre paroisse

-Depuis quand es-tu pasteure ? Dans quelle paroisse exerçais-tu ton ministère avant
Pantin ?

Je suis pasteure depuis septembre 2020. Après avoir effectué ma période probatoire de
proposanat, j’ai été reconnue dans le ministère pastoral en septembre 2022. J’ai exercé mon
ministère jusqu’à fin juin 2024 dans la paroisse Saint-Paul de Montmartre, située dans le 18 ème
arrondissement, faisant partie de l’inspection luthérienne de Paris.

 

– Qu’est-ce qui t’anime/te passionne dans ton ministère pastoral ?

Ce qui me passionne dans le ministère pastoral est à la fois de partager la soif d’approfondir
les textes bibliques, afin notamment d’y discerner une parole qui fasse sens et puisse nourrir
spirituellement pour aujourd’hui et l’importance des relations humaines, dans leur force et
leur fragilité, d’accompagner les personnes dans les moments difficiles ou plus heureux de
l’existence.

Pour moi, la joie du ministère pastoral se trouve dans la convergence de plusieurs aspects : la
dimension humaine, avec les liens à tisser au sein de la communauté, dans une démarche
d’ouverture, d’écoute et de dialogue et la dimension théologique bien-sûr, à travers le culte, la
catéchèse, mais aussi les rencontres et les échanges. Au-delà de la dimension intellectuelle, il
m’importe de pouvoir partager et porter une parole de l’ordre de la spiritualité, de la foi, qui
rejoigne la vie quotidienne des personnes, au cœur de leur existence, afin que, par l’action de
l’Esprit saint, cette parole puisse devenir une nourriture vivante, agissante. Ce qui m’anime en
profondeur est l’amour de Dieu et de mon prochain, la conscience que la foi peut transformer
radicalement l’existence en lui donnant un sens nouveau, porteur de vie.

En quelques mots, prendre soin des personnes, les accompagner dans leur parcours de foi,
proposer des temps de prière et d’approfondissement, aider à (re)découvrir toute la richesse et
la force des textes bibliques : voilà qui me paraît essentiel en tant que pasteure.
C’est aussi bien-sûr construire avec le Conseil presbytéral et l’ensemble des paroissiens de
nouveaux projets, mettre en place de nouvelles activités en cohérence avec le projet de vie de
la paroisse, afin qu’elles puissent être une source d’épanouissement dans la foi et la vie
ecclésiale des paroissiens : cultes « autrement » qui puissent intégrer plus pleinement la
dimension jeunesse et également musicale, temps d’animation biblique avec partages,
renforcement des moments de convivialité, etc.

 

– Quel sens a pour toi d’être protestante aujourd’hui ?

Pour moi, protestantisme signifie plus que jamais aujourd’hui liberté, responsabilité,
discernement et remise en question. Liberté, d’abord : une pleine liberté de se tourner et de
s’approcher de Dieu sans intermédiaire et sans jugement, liberté de la recherche et de
l’approfondissement des textes bibliques, liberté de questionnements : pour moi, Dieu est
d’abord celui qui libère et non celui qui enferme dans des préjugés ou une morale toute faite.
Il s’agit d’une liberté responsable, c’est-à-dire, qui tienne compte de l’autre, de la portée et de
l’impact de mes choix, paroles et actions. Être protestante pour moi aujourd’hui c’est à la fois
prendre en compte dans ma foi chrétienne cette pleine liberté et l’importance aussi de ma
responsabilité face au monde qui m’entoure.

C’est être toujours à la recherche d’une vérité plus profonde : à une époque où l’information
circule en tous sens et à une grande vitesse via de nombreux médias, être protestante c’est
aussi prendre le temps du discernement, de revenir aux sources, de creuser l’information, pour
éviter les partis-pris.

Enfin, être protestante pour moi, c’est aussi constamment se remettre en question, pour
progresser tant dans les relations humaines pour mieux comprendre autrui, que dans mes
connaissances, dans mon approche de la vie et du monde.
C’est aussi savoir oser une parole qui tranche, quitte à aller à contre-courant de certaines
exigences ou attentes de la société (profit, performance, etc.), une parole qui réveille les
consciences : Que faisons-nous de notre monde ? A quoi sommes-nous appelés ?

 

– Que retiens-tu du message de Christ dans ta vie quotidienne ?

Un point fort et central pour moi du message du Christ est celui de me savoir aimée, telle que
je suis, sans condition. Le message d’amour transmis par le Christ est libérateur, et
notamment par rapport à certaines injonctions de la société qui parfois enferment dans un
cadre strictement limité, que ce soit au niveau des apparences ou des comportements. Le
message du Christ est aussi un appel qui résonne très fort dans mon quotidien. « Tu aimeras le
Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta pensée et de toute ta force ».
Et “Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Marc 12,30-31).

Le message du Christ est pour moi d’abord un message d’amour qui nous pousse à aller vers
les autres, à les découvrir, à entrer en dialogue. Sans amour, la liberté peut vite devenir une
illusion ou un piège tant pour soi que pour autrui. L’amour du prochain invite à sans cesse se
repositionner, à aller au-delà des apparences, à refuser d’enfermer l’autre dans des préjugés ou
conceptions figées : cet amour est dans le prolongement de l’amour de Dieu, à la fois fort et
exigeant, mais profondément porteur de vie. Une image qui résume aussi pour moi le message
du Christ est sa présentation dans l’évangile de Jean, comme « lumière du monde ». Dieu est
un guide sûr et dans les moments les plus durs de l’existence, au cœur même de l’obscurité, il
est la lumière d’espérance à même de nous éclairer pour nous conduire sur un chemin de paix
et de vie.

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