Chroniques cinéma
LE REVE AMERICAIN – France 2026 – réal. Anthony Marciano avec Jean-Pascal Zadi, Raphael Quenard et Olga Mouak.
Personne n’aurait parié sur Jérémy, coincé derrière le comptoir d’un vidéo club à Amiens, ou sur Bouna, lorsqu’il faisait des ménages à l’aéroport d’Orly. Sans contacts, sans argent et avec un niveau d’anglais plus qu’approximatif, rien ne les prédestinait à devenir des agents qui comptent en NBA.
Inspiré de l’histoire de Bouna N’Diaye et Jérémy Medjana, devenus agents sportifs, ce film raconte le parcours de deux outsiders qui, grâce à leur passion absolue pour le basket et leur amitié indéfectible, ont bravé tous les obstacles pour réaliser leur Rêve Américain jusqu’en NBA.
CHRISTIE – USA 2026 – réal. David Michod – avec Sydney Sweeney, Ben Foster et Merritt Wever.
Inspiré d’une histoire vraie, Christy retrace l’ascension tumultueuse de la boxeuse Christy Martin, qui est passée de l’anonymat à la célébrité. La légendaire ténacité de Christy sur le ring cache en réalité des combats plus intimes avec sa famille, son identité et une relation toxique qui pourrait bien se transformer en une question de vie ou de mort.
Pionnière de la boxe féminine, Christy Martin fut la première femme à acquérir une notoriété mondiale sur le ring grâce à ses combats spectaculaires et à sa force de caractère. Elle a cumulé 49 victoires (dont 31 par KO), 7 défaites et 3 nuls, devenant championne du monde WBC des super-welters. Elle sera surtout la première sportive a révélé son homosexualité.
Chroniques livres
BOURGEOIS GAZE – Bob Grams – éditions Les liens qui libèrent
Le cinéma, art populaire par excellence, est dominé par une minorité sociale : la bourgeoisie. Héritiers de milieux favorisés, enfants d’artistes ou de grands patrons, ce sont eux qui fabriquent l’essentiel des récits, décident quels personnages existent à l’écran et comment ils sont représentés.
A l’instar du male gaze, Bob Grams propose le concept de « bourgeois gaze » : une manière de filmer le monde depuis une position sociale dominante qui se prétend universelle, marquée par le mépris de classe, un centrisme moralisateur, un rapport hors sol à la ruralité et une surreprésentation des thématiques bourgeoises.
En analysant à la fois des films emblématiques de ce regard et un système de production socialement homogène, nourri par le népotisme et l’entre-soi, Bourgeois Gaze interroge : Quelles voix, quels imaginaires émergeraient si l’art n’était pas monopolisé par une seule classe ? Quelle richesse de récits nous est volée ? Et quelles œuvres parviennent, malgré tout, à ouvrir des brèches ?
PASOLINI, MOURIR POUR LES IDEES – Auteur Roberto Carnero – éditions Le Cherche Midi
Ostie, 2 Novembre 1975, le corps de Pier Paolo Pasolini git sur la plage, massacré, supplicié.
Cinquante ans plus tard le mystère persiste : cet homme est-il mort d’avoir eu l’obsession de la vérité ? L’a-t-on assassiné parce qu’il désirait cette liberté « sans fin, douloureuse, incertaine, angoissante » – pour lui-même et pour les autres intellectuels ? Pasolini a été si souvent étudié, condamné, célébré ; mais a-t-il seulement été compris dans toutes ses apparentes contradictions ?
Des Ragazzi à Salo, Pasolini a fait du scandale et de la subversion le meilleur emploi, s’en prenant d’abord au fascisme mussolinien puis à cet autre fascisme nommé « société de consommation ». Ecrivain sans parti ni Eglise, rationaliste et poète se refusant à toute hypothèque idéologique, homosexuel vomissant l’hypocrisie de la bourgeoisie italienne, Pasolini est un astre solaire, inclassable, incandescent, passé dans le ciel des hommes avec l’envie folle de les sauver. En retraçant la vie artistique et politique de celui qui fut peut-être le dernier intellectuel contemporain, Roberto Carnero révèle la profonde unité de son œuvre et nous invite, sans chapelles, ni censure, à découvrir Pasolini là ou il fut le plus vivant : dans ses textes, ses films, ses combats. Et à comprendre pourquoi son héritage, aujourd’hui encore, demeure d’une impensable actualité.