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Chroniques cinéma d’automne 2026
Les chroniques cinéma d'automne, par Nathalie-Mariam
Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d’ingénieur. Son credo : « gagner en efficacité » pour relever la France de la débâcle. Mais peut-être qu’Henri cherche avant tout à fuir sa propre débâcle…
L’idée de Notre salut est née quand une tante d’Emmanuel Marre lui a transmis les lettres de ses arrière-grands-parents. Il y a découvert que son aïeul avait réellement servi le régime de Vichy et rédigé le traité Notre salut. Loin du biopic traditionnel, le film s’inspire librement de cette correspondance pour explorer les engrenages de la banalité du mal. Le réalisateur se rappelle : « Mon aïeul a confondu son sort personnel avec celui du pays. Il a vu dans le régime de Vichy, après la défaite, un moyen de « redresser » quelque chose, à l’échelle de la France mais aussi en lui-même. Il vient à Vichy pour chercher du travail, espérant avoir une place à la hauteur des talents qu’il estimait avoir. La sensation de la guerre vue au quotidien, avec des ellipses, des trous de plusieurs mois, m’a fasciné dans cette correspondance. » Le cinéaste interroge ici les systèmes d’oppression du point de vue de ceux qui choisissent d’y participer et finissent par s’y perdre.
Directrice d’un établissement pour personnes âgées, Marie-Lou tente d’y instaurer une philosophie de soins innovante basée sur l’écoute et la dignité des résidents, malgré la réticence d’une partie de ses équipes. Sa rencontre avec Mari, une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser sa trajectoire. En nouant une amitié profonde, les deux femmes engagent ensemble un combat pour “rendre possible l’impossible”. L’arrivée dans un EPHAD d’une nouvelle approche, ‘l’humanitude’, basée sur la connexion humaine, et l’amitié de deux femmes, la directrice et une metteur en scène de théâtre, atteinte d’un cancer.
Habituellement, le cinéma se nourrit de drames, de conflits, de tension pour faire avancer son récit mais ce n’est pas le cas ici. Sans mièvrerie, (il y quelques conflits tout de meme) autour d’une belle lumière ouatée, on est dans un lieu agréable, ou l’on cherche a offrir des vies dignes, il y a un un ton posé pour appréhender le monde des personnes fragiles. Le réalisateur Ryusuke Hamaguchi interroge sur le rapport a la vie, a la normalité , et offre une critique en creux du capitalisme carnivore. Le film a aussi pour sujet le temps et son utilisation, et en cela le film est son sujet, il raconte une histoire tout en offrant le mode d'emploi. Le duo féminin est attachant. Très beau
De vieux vinyles disco dans le coffre de sa Twingo, à peine remise de la mort de sa grand- mère, Charlie roule. Elle ne sait pas encore que ces disques ressusciteront les pas de danse de sa mère dans les yeux humides de Titou, caviste rêveur, ni qu’une plage méditerranéenne désertée sera le théâtre de sa rencontre avec Marina, qui rêve son idéal de liberté dans la pizzeria du village. Pour l’instant, elle roule.
Ce film est vraiment spécial, joyeux et émouvant , on ressort de la séance le cœur plein. On est sur une histoire atypique dans son approche du deuil, du lien familial et amoureux, c’est extrêmement salutaire. Chacun y trouvera son petit bonheur. Mention spéciale : Première fois qu’un film dans lequel une des actrices est une femme trans et que ce n’est pas un sujet, elle est juste là pour son personnage de Marina, c’est vraiment une avancée. La musique originale du film est douce. Ce film est un petit bijoux.
Amira travaille dans un grand hôpital à Chicago. Un message d’anniversaire fait vibrer son téléphone et le passé refait surface. Des années plus tôt, le soir de ses 40 ans, une bombe pulvérise son appartement à Alep. Amira n’a alors qu’un réflexe : saisir sa fille et fuir. Sur le chemin de l’exil, elle découvre que l’espoir a parfois le visage d’un inconnu, la force d’un geste simple et le pouvoir immense de changer une vie. Jusqu’où iriez-vous pour sauver ceux que vous aimez ?
Film très poignant sur l’horreur de la guerre et de personnes impactées par cette dernière, devant risquer leur vie pour tenter de migrer vers un autre pays aux conditions meilleures. La construction de ce film, sous formes de chapitres révélant une personne en particulier qui va être reliée à une autre sur un prochain chapitre et ainsi de suite, est très appréciable. C’est malheureusement très réaliste, poignant et il est impossible de rester indifférent face à la misère de nos protagonistes. Un film dur mais nécessaire de voir.